mardi 28 avril 2009

LA BOUFFE EN CÔTE D'IVOIRE

OUAAAAA je reviens du repas de midi…. Quelques gouttes de sueur viennent perler sur mon front, heureusement que les locaux de la boîte sont climatisés. Je m’installe à mon poste et la fatigue me gagne. C’est le moment idéal pour une petite sieste. Il est 12H45 j’ai un peu plus d’une heure pour me reposer. Mais au lieu de cela je raconte ma vie.
Poisson frit, igname frit, banane plantin frite (=alloco), une purée d'oignons et quelques bouts de tomate et oignons crus. Le verre est un pot en plastique

Bon comment se déroule un repas du midi en côte d’ivoire. (le déjeuner pour ne pas le nommer)
Tout d’abord il faut savoir que beaucoup de français mangent « à la française » dans des resto pour occidentaux et où il est difficile voire impossible de trouver de la nourriture ivoirienne. Je trouve ça dommage d’autant plus que la bouffe ici est très bonne et que c’est incomparablement moins cher. Mais il faut aimer manger au chaud et avec les nombreuses mouches qui viennent nous rendre une visite chaleureuse pendant l’heure du repas.


Bon alors j’avais déjà dit qu’il y avait des petits restos locaux à côté de mon lieu de travail, mais là où je mange c’est encore plus typique. Je suis le seul toubab du coin et des fois on me dévisage. (« Pourquoi il va pas manger dans un coin pour toubabs ? ») Pourtant la zone est plutôt industrielle et les blancs ne se font pas si rares.
Bon on marche un peu et on arrive. Ici en gros le repas c’est 500F en moyenne (75 centimes d’€) on peut trouver encore moins cher si on le souhaite mais la qualité commence à désirer dans ce cas….
C'est bien convivial non ?

Je vais souvent au même endroit : c’est mon collègue Salomon qui m’a conseillé quand je suis arrivé et qu’il m’a aiguillé un peu. C’est un endroit tenu par deux femmes : Laura et Noëlle.


Toujours le sourire qu’il vente ou qu’il neige (mais en côte d’Ivoire il fait toujours beau et chaud) L’une prépare des plats en sauce toujours à base de poisson : sauce graine, sauce arachide, sauce tomate, sauce aubergine… généralement accompagnés de riz blanc ) et l’autre des fritures (igname frit, alloco, poissons frits).

Il y a aussi du riz gras pour ceux qui ne savent pas se décider.
Oublions le porc car ici il y a une grande partie de la population qui est musulmane, le bœuf car ici ils sont tous si maigres qu’on se demande ce qu’on pourrait bien manger dessus (le preuve c’est que souvent on retrouve des morceaux qu’on ne mange pas chez nous : la queue, les pattes et la peau, personnellement je trouve ça très mauvais mais ici ça plaît : question de goût.) et puis s’il n’est pas tué de façon halal ça peut faire des problèmes. Donc il reste le poulet et le poisson dans les animaux classiques. Je n’ai pas encore vu de mouton, ou de lapin, mais je sais qu’on peut manger de l’agouti, de la biche (antilope), du hérisson, qui est en fait du porc épique, du chat, du chien (ok là ça devient rare) Mais j’espère pouvoir en manger avant de partir !

A gauche un "talié" (mot baoulé pour signifier cette assiette en argile) contenant le fameux poisson sauce arachide , accompagné de riz blanc, l'un de mes repas préférés.


Dans les poulets il faut faire un classement : les poulets industriels élevés en batterie sur un modèle productiviste et qui n’ont sûrement jamais vu la lumière naturelle de leur vie et qui n’auront jamais mangé de produits sains. Puis il y a les poulets qui font la fierté de l’Afrique : les poulets dits « bicyclette » ou encore « africains » avec des cuisses énormes tellement ils ont gambadé dans les forêts et les champs durant leur croissance.

Bon là où je mange il n’y a pas de poulet, Abidjan est un port, et qui dit port dit pêche et donc on retrouve de nombreux poissons.
Une fois la commande passée on va s’asseoir sur un banc en bois (d’une hauteur de 20cm à tout casser) et on mange sur une table, en bois également, pas beaucoup plus haute, on se retrouve courbé pour manger.

mmmmmmmmmmm


Ici il n’y a jamais de couteau, comme bien souvent dans les maquis, peut-être est-ce trop dangereux, je n’en sais rien, mais en tout cas on mange presque toujours avec une cuiller à soupe et une fourchette( laquelle peu robuste se plie souvent si l’on force un peu trop dessus…)
Là si on n’est pas servi en eau on gueule un petit coup : « oh là ! ‘faut envoyer l’eau !»
Puis on mange, on transpire vite des jours comme aujourd’hui, manger c’est de l’activité ! surtout avec ce soleil qui cogne…
Il n’est pas rare qu’une poule ou un coq viennent dans le coin, la semaine dernière il y avait une poule avec 6 petits poussins qui tournaient entre mes jambes c’était surprenant. Elles sont pas farouches les poules ici. Etalage d'alloco, d'Igname et de poissons frits

Un des premiers jours suivant mon arrivée on était allé manger avec Salomon et une poule avait détalé devant nous, j’avais crié « oh putain il y a un poulet en liberté ! » il était mort de rire mon collègue car pour lui c’est classique. Maintenant je suis habitué et c’est vrai qu’il y a toujours des gallinacés qui vadrouillent du côté des petits lieux de restauration.

Bon sinon quand on bouffe, c’est un peu moins classe que chez nous, et ça ne pose pas de problème de cracher de gros morceaux de nourriture, des arrêtes de poisson sur la table ou par terre. Moi au début je faisais mon timide, je retirais une à une les arrêtes de ma bouche jusqu’à temps que ça m’énerve et que je fasse comme tout le monde ici.
Bon en général il n’y a pas d’entrée ni de dessert quand on mange ivoirien, juste un gros plat qui remplit bien l’estomac.
A la fin de repas, il y a un rituel à respecter : on tapote sur le banc pour prévenir ses voisins qu’on va partir. Ca paraît bête mais il y a eu plusieurs cas d’accident où une personne se retrouvant assise seule en bout de banc faisait balancier et tombait par terre.

Voici un petit schéma explicatif réalisé sous Paint (le seul logiciel qu’on maîtrise vraiment bien en sortant de l’INSA !!)

Dans la pratique, je n’ai jamais vu quelqu’un tomber à la renverse mais cette petite habitude je l’ai prise également !
Enfin après le dîner, certains vont prendre quelques fruits en dessert, mais peu le font en général. Il y a la vendeuse de fruits en face de chez Joëlle et Nora.

(elle, je ne sais pas son nom Maintenant si : elle s’appelle Yolande) Elle vend toujours des oranges, souvent des bananes et quelques fois plus rares des mangues. C’est ma pourvoyeuse officielle en oranges. On les achète par multiple de 3 tout comme les bananes. C’est 100F pour 3. Les mangues et papayes c un peu plus cher, autour de 150 à 250 F l’unité. Mais ça reste honorable.
Petit bonus ; une vidéo qui montre comment éplucher une orange. (moi je les achètes « non taillées » mais les gens ici les achètent « taillées » pour les manger sur place. ndlr)
Enfin, après la vendeuse de fruits je passe devant la vendeuse de pains et de jus : j’achète mon pain de mie sucré, très utile pour le petit déjeuner et des fois du jus : le Bissap (Excellentissime) et une fois du jus de gingembre, j’ai avalé une gorgée ça m’a piqué au nez et à la gorge pendant une grosse minute, je n’ai pas réitéré l’expérience. (même si ça a des vertus aphrodisiaques !)
Et là je rentre à allure réduite (on transpire déjà assez comme ça) jusqu’à mon bureau
Bon il y a des jours on j’en ai marre de manger du poisson ou du riz du coup je vais de l’autre côté des bureaux, au lieu de tourner à droite je vais à gauche, il faut marcher un peu plus longtemps avant de trouver les petites cabanes- « cantines » en bois mais il y en a une qui fait des frites de pommes de terre ! Alors là évidemment…. On est un peu loin de la frite de luxe, ou de la baraque mais l’idée est là : au moins c’est des pommes de terre : l’huile utilisée est de l’huile de palme... réputée mauvaise pour la santé. Et avec ça des brochettes de bœuf ! (ah ben on en trouve finalement !) là les prix doublent : on atteint vite les 1000F (1,5€)

Bon à la fin, après le repas on peut toujours faire une partie de baby foot si on en a envie ! (avec une poule nichée dessous).



A bientôt pour de nouvelles aventures.




Il y a quelque temps, j’ai commandé un plat derrière chez moi. Du placally avec une côte de bœuf sauce gombo (ou bongo je ne c plus). J’ai trouvé ça franchement dégueu… La sauce gombo surtout.
Le placally c’est en fait une pâte de manioc qui à un goût amer et qui colmate vite fait l’estomac. Le plat gombo c’est cuire du bœuf (les pattes, la queue) et des crustacés et des escargots dans le même plat. Puis la sauce est constituée de je ne sais quoi mais elle est gluante, et archi pimentée !! Et le mélange bœuf poisson fruits de mer confère un petit goût vraiment étrange.
Je me suis forcé à manger la viande, j’ai eu plus de mal pour le reste.

La côte de boeuf accompagnée de sa sauce gombo et une boule de placalli...


Ce week-end je suis allé aux fiançailles de deux amis. (25 avril) Le soir on a mangé un peu de crocodile ! Vraiment bon ! c’est de la viande blanche dont le goût me fait penser à la fois à du poisson mais aussi quelque chose d’autre que je ne saurais définir. C’est sûrement ça le fait de découvrir quelque chose de nouveau.


Fruits de la passion...


Rien à voir cette photo


poisson fumé en vente au marché de sassandra



De l'autre côté de la route on voit souvent des gens qui regardent les journaux.... ils lisent juste les titres car si on veut lire la suite il faut acheter le journal, on voit souvent ce genre d'attroupements le matin ou le midi.

lundi 27 avril 2009

Bonjour à tous. Alors entre les renouvellements de passeport/visa et permis j'ai été bien occupé ces derniers temps. Aux infos de ce midi, surprise j'ai entendu parler de l'Islande !
En voici la raison
http://www.lejdd.fr/cmc/international/200917/l-islande-passe-a-gauche_204790.html
Pendant que j'y étais c'était plutôt centre droit ultra-libéral... Et je crois que la crise se fait bien ressentir là-bas, ce qui n'est pas étranger à ce changement. Tiens le fait d'en parler me donne envie d'y retourner.

Quelques liens d'artistes islandais :
Jeff Who
Emiliana TORRINI
Björk
Lay Low
Mugison
Sigur Ros
Pétur Ben

Je les ai tous vu en concert sauf Jeff Who et Sigur Ros.
Et désolé pour ceux que j'ai oubliés...


Changeons de sujet : Voilà ce qu'on trouve dans mon parking...



CGC.
Ah qu’il me paraît loin ce temps où ma vie toute entière était baignée par ce logo. Il me rappelle mon enfance. Des briquets par-ci, des calendriers par-là des mallettes en tout genre. Aujourd’hui l’entreprise a changé de nom (et de logo également) et on est passé à un degré supérieur (c le cas de le dire pour des chauffagistes) dans le merchandising : des pulls, des clefs USB, des agendas, des manteaux, et même des lampes de poche à énergie solaire. Mais il semblerait qu’en CI on soit nostalgique de la Compagnie Générale de Chauffe (n’ayons pas peur des mots) au point d’en garder les immenses autocollants dans le parking souterrain de la résidence! Ou plus simplement, il existe un contrat de maintenance entre l’immeuble et la filiale ivoirienne de la CGC mais personne n’est venu pour enlever les affiches quand le logo a changé, ça me parait plus logique. Enfin, pour un pays comme la CI la « chauffe » devait plutôt faire de la clime…
Je ne sais même pas à quoi correspond ce local en fait, sûrement des pompes pour l’eau du robinet.
Mais même aujourd’hui au XXIè siècle, il n’est pas rare de voir surgir dans le sous-sol ou dans le jardin de chez moi homme aux cheveux grisonnant en bleu de travail à l’effigie de la CGC tantôt pour repeindre les grilles, tantôt pour bricoler ou bien pour jardiner un peu…



Bon, pas beaucoup de rapport avec la Côte d'Ivoire, on va essayer de faire mieux la prochaine fois.

mercredi 15 avril 2009




Ce week-end, c'était le week-end de Pâques. La fête la plus importante de l'année pour les catholiques. Et comme dans ce pays on est très croyant, c'était un week-end un peu spécial.
Déjà point de vue travail c'est différent. Beaucoup d'entreprises, dont la mienne, font le vendredi saint ce que l'on appelle : "journée continue". C'est à dire qu'on travaille du matin jusque 14H sans s'arrêter, puis qu'après on est en week-end. Après vers 14H on n'a plus vraiment faim et c'est l'occasion de jeuner un peu comme me le conseillent mes collègues. (sauf que ma disposition à tomber malade ces temps-ci fait que je ne suis pas franchement très gros).


Donc je suis rentré plus tôt que d'habitude chez moi ce vendredi. Il faisait étonnement chaud. Et, alors que je roupillais chez moi tranquillement dans l'après midi, j'ai entendu du bruit dans la rue. Tiens qu'est-ce qui se passe. Il y avait un rassemblement religieux qui avançait sous forme de procession. Des milliers de personnes (je dirais 3000 environ) qui se sont arrêtées juste devant ma résidence, se sont agenouillés pour réciter une prière et chanter quelques cantiques. Heureusement qu'il y avait une bâchée munie de méga enceintes pour amplifier le son.
Au devant de la foule des hommes en habit de prêtre se tenaient en arc de cercle, et l'un d'eux portait une grosse croix de bois d'au moins deux mètres sur son dos...

ça m'a fait bizarre.
J'ai pris ces photos à la hâte, et les gens commençaient à me regarder bizarrement...

Sinon, ici beaucoup de gens se souhaitent "bonne fête" le dimanche. Nous on ne réalise pas tout de suite que c'est sous entendu "de pâques".
Mais mon dimanche a été bien moins festif que je ne l'imaginais. Je suis tombé malade et j'ai cru avoir le palu. Après quelques tests il s'est avéré que ce n'était qu'une intoxication alimentaire. Mais bon c'était pas la joie.
Pendant ce temps j'ai repensé à mes antipaludéens

Encore plus fort que n'importe quelle drogue, le traitement anti-paludisme intitulé le LARIAM.
On m'avait prévenu : "ah non faut pas le prendre", "quelle saloperie" , et autres noms d'oiseaux concernant ce cachet. Mais c'est bien celui là qui m'avait été prescrit !
Une fois j'ai regardé la petite feuille qui se trouve à l'intérieur de la boîte dont j'ai oublié le nom. Je trouve que cette "notice" d'utilisation est relativement épicée, notamment en ce qui concerne les effets secondaires.
La voici donc.

Ma phrase préférée est en fin de compte la dernière : Si vous remarquez des effets indésirables non mentionnés dans cette notice, veuillez en informer votre médecin ou votre pharmacien. Genre "ah oué putain il me pousse un 5ème bras..."

Cela signifie : tout ce qui est pré-cité peut arriver mais le pire aussi.
Je rassure tout le monde ; j'en ai pris pendant un mois et demi environ, il ne m'est jamais rien arrivé, mais je me demande quand même comment on peut commercialiser (et prescrire) des substances dans ce genre si les effets secondaires cités existent...


Pour terminer ce post un peu bouche trou : des photos sur la construction et le gros œuvre en CI.

Ca c'est une photo un peu hors contexte mais elle est intéressante surtout pour nos amis ingénieurs en Génie-Civil. Les parpaings ici sont fabriqués à la main !!!! Du ciment, du sable et de l'eau et c'est parti. On tasse un peu dans un moule (en tapotant avec le dos de la pelle), on les aligne, on les fait sécher et c prêt pour bâtir.... C'est comme ça sur presque tous les chantiers... des fois, on voit des ouvriers dans la rue accomplissant ce genre de labeur en plein soleil... Bon j'en ai touchés quelques uns, ils s'effritent un peu vite je trouve, et les conditions de séchage ne sont pas les plus optimales !

Ici cette pratique est courante dans la mesure où la main d'œuvre est très bon marché.
Point de vue résistance en compression ça doit tenir la route puisque je n'ai pas eu vent de bâtiments s'effondrant.

mercredi 8 avril 2009

Ca fait bien de commencer par ce genre de photos non ?


Alors ça faisait un bout de temps que je n'avais pas écrit de message : la raison : une coupure d'internet prolongée. Alors voici des photos de la semaine dernière. Elles sont un peu en vrac désolé.

On commence par le village de Sassandra. Autrefois touristique il n'est maintenant plus vraiment fréquenté par les toubabs (les blancs).
Mais nous y avons fait une pause sur la route du retour de San pédro.

Là, on peut voir en premier plan un panneau de recharges téléphoniques. C'est pas particulier à sassandra, on en voit partout en CI. Ici il n'y a pas d'abonnement. Dès qu'on a un portable , on achète une puce puis on la recharge à ces petits stands. Chacun possède au minimum 2 téléphones, les puces ne coûtent rien et il y a 5 opérateurs.


Ca c'est le genre d'inscription que j'adore. On en voit sur presque tous les murs d'Abidjan. Bien souvent il faut indiquer que c'est interdit de "pisser" ou "uriner" parfois même "déféquer" ! Avec une amende exorbitante à la clé. Mais celle-ci me plaît franchement.


Les "rues" du village


idem



Un transport en commun


En fait on s'était arrêté à ce village pour des langoustes mais on n'en a pas trouvé,
par contre, il y avait le marché au poisson...





Maintenant quelques photo des habitations villageoises de côte d'Ivoire.
Ici on était pas trop loin de San Pédro.




Vous connaissez les toitures végétalisées ? Et bien rien n'a été inventé très récemment.... (intérêt : un peu de fraicheur) Et c'est marrant de se dire que finalement c'est exactement le même type de bâtis traditionnel que 8000 km plus au nord (et 40°C plus bas): en Islande.


Récolte de caoutchouc sur un hévéa...

Une rizière d'au moins 10m² ! je comprends mieux pourquoi le riz vien de Thaïlande...

Un arbre à cacao (qu'on appelle cacaoyer après vérification), avec ses gousses accrochées sur le tronc. Je n'en avais jamais vu ! Alors que c'est banal ici.

De même, quelle surprise en voyant cet ananas presque au ras du sol... moi qui croyais que ça poussait dans des arbres... j'avais l'air fin...

Admirez ce pont 100% naturel et vivant. C'est en fait un arbre couché. On voit ses racines de l'autre côté de la rivière, et ses branches en premier plan !

Les maisons sont en fait en torchis : une structure porteuse en bois appelé lattis, qu'on vient enduire avec de la terre crue humidifiée dans laquelle on peut rajouter des fibres végétales ou animales pour améliorer la résistance en traction. Souvent dans le village, les toitures étaient réalisées avec une simple bâche en plastique... mais il y en avait aussi de ce type là en branches et feuilles de palme...



Un joueur de balafond (genre de xylophone)


Un moyen de locomotion qu'on voit apparaître dès qu'on sort d'Abidjan: le vélo. Celui-ci malgré son âge est en bon état. Tous les vélos ici semblent avoir 50 ans ou plus.


On était pas logé dans l'endroit le plus désagréable !

Bon pour finir : merci à tous ceux qui m'écrivent ou me laissent des messages, ça me fait toujours plaisir. Et n 'hésitez pas à laisser des commentaires.

jeudi 2 avril 2009

Veillez nous excuser pour cette interruption du son et de l'image, car suite à un problème technique indépendant de notre volonté, la connexion internet de la zone industrielle de VRIDI a été interrompue. Cela fait maintenant une semaine que le réseau est hors-service. Et c'est donc depuis SAN PEDRO (sur la côte ouest) que je vous écris, (oui il faut aller très loin pour avoir le net).
Bref je pensais que c'était tout Abidjan mais en fait ce n'est que la zone de vridi qui a vu sa connexion internet coupée. Et ce depuis plus d'une semaine. Comme je n'ai pas internet chez moi cela faisait plus de 8 jours que je n'avais pas pu consulter mes mails. Donc je suis désolé pour ceux qui m'ont écrit et à qui je n'ai pas répondu. En ce moment je suis à San pédro dans le cadre d'une visite d'usine. Nous avons un chantier dans cette ville et il fallait venir sur site pour faire des repérages et quelques mesures. Le voyage pour venir jusqu'ici n'est pas de tout repos : 5 heures de voiture, et même si c'est un 4x4 on ressens les défauts de la route. On arrive moyennement frais sur place. Par contre on est super bien logés !
Que dire d'autre : bientôt je remettrais quelques messages.
Sinon, il y a des personnes qui s'inquiétaient de mon état suite aux évènements au Stade Houphouët Boigny dimanche dernier. Je suis finalement allé à la plage ce jour là. J'avais pensé aller voir ce match un moment, mais je pense que cela aurait pu avoir des conséquences fâcheuses.
A bientôt.
J'espère que la liaison internet sera rétablie bientôt.

jeudi 26 mars 2009

Ce soir en rentrant chez moi, je m’arrête au supermarché, je n’ai plus d’eau en bouteille, je ne buvais pourtant presque que de l’eau du robinet mais plusieurs troubles digestifs la semaine dernière m’ont incité à me tourner vers l’eau de source. J’ai donc fais une petite halte au « cash-center », un supermarché du Plateau histoire de me pourvoyer en eau potable mais aussi d’acheter un peu d’alcool et quelques fruits. (mieux vaut les acheter sur les marchés car ils y sont moins cher et de meilleure qualité mais pour quelques citrons et papayes on peut faire une exception).
Me voila donc à ce cash-center, il est 19H et justement ça ferme à 19H (enfin c’est ce qui est affiché sur la porte d’entrée, mais cela ne semble déranger personne qu’il soit l’heure de fermer et je rentre comme si de rien n’était. D’ailleurs quand je suis ressorti 30 minutes plus tard, la clôture ne semblait pas être à l’ordre du jour…
J’arrive donc chez moi au parking du sous sol avec ma 106, 'Titine', (qu’on ne présente plus) remplie de 3 gros packs d’eau + qq bricoles. « Aïe, il va falloir monter tout ça à pied puisque l’ascenseur ne fonctionne plus depuis environ un mois! ». Sachant que j’habite au 3ème et que la voiture est en 2ème sous-sol ça fait quand même 5 étages dans les jambes. Fidèle à mes habitudes je vais appuyer sur le bouton d’appel et là, ‘OH MIRACLE’ quelqu’un aujourd'hui est venu le débloquer, le réparer ou simplement mettre du scotch sur un raccord électrique défectueux, mais le fait est là : la petite diode verte signalant que la cabine est entrain de descendre est allumée. J’en saute presque de joie.
Du coup en 2 allers-retours à peine j’ai pu charger mes provisions dans mon appartement. Comme quoi des fois on est content avec rien.
Peut-être dois-je rendre hommage à M. Houdjia un voisin Algérien (qui habite 2 étages plus haut, ça commence à faire beaucoup à monter tout ça) et qui a eu l’idée de faire signer une pétition à tous les habitants de l’immeuble pour que quelqu’un vienne réparer le monte-personne (ce mot n’existe pas).
Mais quand je l’avais signée cette pétition, il n’y avait alors que 3 paraphes sur sa feuille ; la sienne, celle de sa femme et la mienne….
Bref moi quand j’avais demandé aux gardiens et concierge de l’immeuble qu’on appelle un dépanneur, on m’avait joliment envoyé balader.
Tiens, d’ailleurs, Ben s’amuse souvent à me dire que le moyen de locomotion le plus sûr au monde n’est pas le train ou même l’avion mais l’ascenseur ! Bon ok on ne va pas bien loin, mais plutôt en hauteur, n’empêche, je me rappelle toujours cela quand je monte dans cette boîte. Car il faut dire qu’il n’est pas rassurant cet ascenseur. Et avant de tomber en rade il était même devenu facétieux : on ne pouvait plus y accéder à 2 étages, une fois dedans il y avait des petits bouts de papiers scotchés sur trois touches avec écrit dessus « ne pas appuyer sur cet étage », en montant dedans, une fois il m’avait amené au 3ème , avait ouvert sa porte d’un quart environ pour tout de suite la refermer et descendre d’un étage mais avec une belle marche de 30 cm environ ! sympa.

Tout ça pour dire que c’est le fait qu’il fonctionne à nouveau qui m’a donné le courage de faire un nouveau message ! (…)

Bon sinon pas de nouvelles photos car je n’ai rien découvert de nouveau ces derniers jours. Certains me réclament plus de photos des véhicules africains, car c’est vrai qu’on en voit des « insolites » dans le genre tôle ondulée… mais je ne me balade pas souvent avec mon appareil et je rate parfois quelques occasions.
Bon il parait qu’il y a des grèves en ce moment en France, eh bien ici il y aurait 100 000 raisons d’en faire des grèves mais personne n’en fait. Je crois qu’il y a un gros problème d’organisation d’un point de vue général ici. Donc même pour faire la révolte, la révolution ou simplement la grève c’est difficile. Ici un peu partout dans Abidjan il y a des tas d’ordures qui jonchent les trottoirs, c’est horrible, c’est immonde, c’est moche, c’est sale, c’est dangereux, ça sent atrocement mauvais, et des fois quelqu’un décide de les brûler…
Donc la côte d’Ivoire (qui pourtant est un pays riche) a bénéficié d’une aide mondiale de quelques milliards de FCFA (qq millions d’euros) pour nettoyer la ville : « opération propreté » campagne promotionnelle, on en parle dans les journaux, à la télé… puis quand j’en discute avec mes collègues ils me disent que ce n’est que du vent : que ça ne durera pas. J’hasarde un délai d’un an. Ils rient et disent que dans un mois à peine ce sera fini, on aura bien vite englouti tous ces sous…Et c’est vrai que les camions poubelle semblaient nettoyer la ville mais j’avais aussi l’impression que les tas ne faisaient que se déplacer…
Sinon la cause du problème est double : les éboueurs qui ne sont pas payés, et chacun qui jette ses détritus, ses poubelles et autres immondices à même le sol ou bien sur un tas déjà présent.

Bref les dirigeants d’ici ont aussi leur part de responsabilité dans les problèmes actuels.
Aussi pour se rebeller faut-il être bien organisé. Et ici c’est pas comme chez nous, on vit au jour le jour et c’est plus la spontanéité qui parle (en témoignent les évènements de 2004).
Et (théorie personnelle) j’ai l’impression que la chaleur ambiante rend la vie plus paisible et les ardeurs révolutionnaires un peu moindres. D’ailleurs en France c’est plutôt la grande trêve durant la période estivale, pas de grève, beaucoup de congés, des fois il y a des lois qui sont votées et qui passent inaperçues aussi.
Tout ça pour dire qu’il y a des choses révoltantes ici, des gens qui roulent en limousines qui croisent des mendiants estropiés qui font la quête. Mais le pire c’est que comme le dit mon collègue « le noir est toujours prêt à pardonner ». C’est vrai que tout le monde a toujours le sourire ici, celui qui voit passer la fameuse limousine de tout à l’heure (qui a fait demi-tour et qui repasse devant nous en klaxonnant et en fanfaronnant en faisant vroum vroum) restera calme et de bonne humeur sans se demander se le propriétaire du véhicule l’a gagné à la sueur de son front. Les gens sont vraiment accueillants en général ici.
L’Afrique a été humiliée, pillée, colonisée mais elle n’est pas rancunière. (« et pourquoi faire hein ? ») Il parait que c’est comme ça aussi au Congo où tout le monde danse chante et joue de la musique alors que leur sol est pillé de ses richesses par les grandes puissances occidentales.
Ici on vit au jour le jour, demain on peut mourir, alors profitons aujourd’hui (c’est pas faux).


Bon pour finir quelques photos qui n’ont rien à voir entre elles.




Nouvelle acquisition de la société, pour faire de la route (en mauvais état)

La banane la plus large du monde (il y en avait 2 à l'intérieur)


On a fait mumuse avec ma webcam un jour entre midi et 2

mercredi 11 mars 2009

Un week-end à la plage.

Jeudi, on me contacte pour me dire qu'il y aura deux personnes qui dormiront chez moi le vendredi soir, et que si je voulais je pouvais aller à la plage le week end avec eux. Ni une ni deux j'accepte sans hésiter.
Le vendredi soir, je rencontre encore de nouvelles têtes, françaises pour la plupart, donc pas mal de VIE. On boit un coup dans un bar puis on va manger dans un maquis à ciel ouvert : la aussi beaucoup de blancs : des militaires pour la plupart on dirait que tout le BIMA (l'armée française installée ici) s'est donné rendez-vous à cet endroit.
Un bon repas occidental : steak au poivre/frites et me voila ragaillardi. On termine la soirée dans un bar à écouter un groupe de reggae local. (En fait je croyais que les groupes de Reggae se succédaient dans ce bar mais en fait c toujours le même qui joue...)
Le lendemain, après un saut chez le coiffeur libanais du coin (qui m'a fait une tête de libanais) on met le cap vers la plage d'Assinie. (tapez assinie sur le net vous verrez bien). Là, l'activité fut intense entre les bains de soleil, les bains dans la mer (à 25°C au moins), les parties de cartes, et les dégustations de spécialités locales (pâtes aux langoustes, brochettes de mérou...)
Bref un bon long week end de 3 jours (eh oui lundi était férié car c'est une fête musulmane "mouloud" ou un truc comme ça, et qui célèbre la naissance du prophète), donc trois jours de détente totale.
Au retour on s'est arrêté sur le bord de la route pour acheter des ananas (une trentaine environ pour trois personne) incroyablement bon tellement ils étaient juteux et sucrés, c'est pas en France qu'on en trouverait des comme ça ! Il y a des gens qui vendent des ananas à la sauvette dans ce coin car les plantations d'ananas sont fréquentes, ce qui n'est pas le cas du côté d'Abidjan ou de l'ouest. Du coup on a doublé beaucoup des camions et des vans remplis à ras bord de ces fruits.
Une fois chez moi, j'ai compris que j'avais fait plus que prendre le soleil, et que j'avais carrément brûlé !!, pourtant en me mettant à l'abri avec de la crème solaire j'avais espéré m'en être protégé. bon heureusement qu'on a inventé la biafine.

Voici qq photos.

Sympa


A gauche avec le chapeau, le maître nageur


Le soleil se couche








Bon ok c'était pas vraiment l'aventure, mais des fois ça fait plaisir de passer un week end à l'occidentale.
La prochaine fois, j'essayerai de passer 2 semaines dans la jungle avec une bouteille d'eau et un canif uniquement, à chasser l'agouti pour survivre...