vendredi 27 février 2009

Où a été prise cette photo ?


Il est des jours où l’on ne souhaite pas vraiment écrire. D’autres au contraire où l’on se sent pris d’une motivation soudaine pour raconter sa vie. Aujourd’hui fait partie de ces derniers. Je vais donc essayer de décrire un peu le week-end dernier.

Samedi j’ai assisté au mariage d’un collègue. Là je me mords un peu les doigts de ne pas avoir pris mon appareil photo avec moi, d’autant plus qu’il semble fonctionner à nouveau. Je regrette de ne pas avoir pu prendre des clichés de cette belle cérémonie autrement qu’avec mon téléphone. D’ailleurs je ne sais même pas comment transférer les images de mon portable vers mon PC sachant qu’il n’est pas tout jeune.

Il y a eu tout d’abord la cérémonie officielle : à la mairie (enfin à la salle polyvalente de Vridi cité), avec lecture du code civil par quelqu’un d’officiel…. Les dames étaient très bien habillées (les hommes aussi finalement mais ça m’a moins marqué) et cela donnait une touche de fraîcheur dans cette atmosphère pesante. (eh oui à 13H il fait chaud en CI)

Ensuite direction l’église évangélique de Port Bouët. Et là c’est la cérémonie religieuse. Nous sommes sous une sorte de chapiteau en acier qui sert d’église en atendant que la nouvelle ait finie d’être construite. Il y a déjà là un groupe de musique, des chanteuses et chanteurs, un prêtre et petit à petit les bancs se remplissent. La famille, les amis et les collègues (dont je fais partie).

Chansons, chansons, textes, bible. Voila un peu le contenu de la « messe » qui dure quand même plus de 2 heures.
Ensuite vient l’heure du repas : de longues tables ont été mises avec des boissons et des plats préparés. Je connaissais déjà le Fanta et le Coca Cola (et oui on les retrouve même en CI) mais j’ai découvert le Bissa. Un goût que je ne connaissais pas. C’est merveilleusement bon. Je ne saurais décrire le goût mais sa couleur est pourpre et il parait que ce n’est pas extrait d’un fruit mais d’une plante. Je me demande laquelle.

En tout cas je me régale. Puis pendant le repas, des hommes se mettent à jouer des percussions : djembés et autres tambours tandis que les femmes commencent des danses africaines. Le repas, la musique répétitive et entêtante, les costumes, la chaleur, les enfants qui jouent… tout cela donne à mon après midi une nouvelle dimension.

Nous partons vers 18H peu avant la tombée du jour, les mariages ne se prolongent pas dans la soirée contrairement à chez nous.

Le fin de journée sera bien plus classique.


Le plateau confère à Abidjan des faux-airs de New-York.
Mais on reste quand même en Afrique


C pas au pays d'OBAMA qu'on verrait cette voiturette carrée et blanche...
"Prrrt !" j'imite pas très bien l'éléphant.

C'est surtout la couleur des petites plantes sous le palmier qui m'a intriguée

Dimanche.

Déjà au réveil j’entends un bruit provenant de la rue. Mais qu’est-ce ? J’ouvre péniblement les yeux, je me lève et tire lentement le rideau. Tiens, il y a des groupes de 10 à 30 personnes qui se hâtent dans la même direction en scandant à l’unisson des propos que je ne comprends pas. Certains arborent des drapeaux de la Côte d’Ivoire. Ah je crois savoir ce qu’il se passe. A 14H je décide d’aller voir de plus près ce qu’il se passe. Le quartier du Plateau est bien animé pour un dimanche… c’est rare, je me munis de mon appareil photo. Je voulais prendre des clichés de la cathédrale Saint Paul, bien beau bâtiment situé juste à côté de chez moi. Il fait beau profitons-en. Je n’ai pris que des photos de l’extérieur de l’église car il y avait une célébration à l’intérieur. Je ne voulais pas paraître trop « touriste » même si avec mon tee-shirt, mon short trop court et mes tongs je ne passais pas vraiment pour un habitué des lieux. Toujours est-il que je voyais beaucoup de gens rentrer dans l’église. Il y avait en effet une célébration du renouveau charismatique (ou quelque chose dans le genre) avec chants et danses comme il se doit. On connaît la gravité de nos messes de chez nous : froid, musique triste, écho, lenteur, eh bien là c’était tout le contraire. De la joie de vivre, de la chaleur des gens qui crient en même temps, qui lèvent les bras au ciel, qui prennent leur voisin dans les bras. OUAH c’est fou. Et chaque fin de phrase du prêcheur (faut-il l’appeler ainsi) est ponctuée par untonnerre d’applaudissement et d’exclamation. J’ai vraiment été impressionné. Il y avait environ 2000 personnes en ce lieu qui doit pouvoir en accueillir au moins le double. Qu’est-ce que ça doit être les jours d’affluence.

Les fidèles qui vont à l'église
Jean-Paul II est venu ici (Johannes Paulus) et il a dit...

Vue de la cathédrale Saint Paul depuis la statue

Derrière on voit la statue d'un apôtre ou d'un saint je crois (enfin pas d'un philosophe grec comme je le croyais au début)

Cathédrale bis

idem

id


Une fois dehors (il commençait à me casser les oreilles avec son micro sursaturé et sa musique d’ascenseur en fond sonore) je vois qu’il y a toujours ces groupes de gens qui se font de plus en plus denses, il y a maintenant des bus bondés qui se dirigent tous vers un même point. Ils convergent en fait vers le Stade Félix Houphouët Boigny (oui tous les monuments s’appellent Félix Houphouët Boigny) pour le match d’inauguration du tout premier CHAN (Championnat d’Afrique des Nations) C’est un peu la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) mais sans les stars. En effet la plupart des grands joueurs africains évoluent en Europe et certains ont trouvé que la CAN ne représentait pas vraiment l’Afrique. Voila pourquoi il a été décidé d’organiser un CHAN avec des équipes nationales constituées uniquement de joueurs locaux. Le premier du nom se déroule en CI dans les stades d’Abidjan (à côté de chez moi) et à Bouaké (plus au nord).

Huit équipes tenteront de décrocher ce titre.

Le match d’inauguration qui commence à 16H oppose la CI à la Zambie. (qui saurait placer ce pays sur une carte ? faites des recherches sur internet si vous ne savez pas)

Le stade est déjà plein quand j’arrive. En plus il y a la cérémonie d’ouverture. Je vois des gens qui essayent de passer au dessus des grilles, ou qui courent dans tous les sens. L’ambiance est électrique, beaucoup sont déçus ne pas pouvoir se rendre dans l’enceinte. Quand il y a du monde, il y a vite un phénomène d’emballement. Dès que quelqu’un commence à courir, tout le monde le suit. A un moment il y a une marée un humaine qui fond sur moi (enfin dans ma direction) en criant… suivis par des gendarmes avec des matraques et des sortes de masques à gaz. Je suis reparti d’où j’étais venu sans demander mon reste. Dommage qu’il n’y ait pas d’écran géant. Je me suis contenté de regarder le match à la télé. Pour information la CI a perdu 3 buts à 0, et a écopé d’un carton rouge en seconde mi-temps. Pas glorieux.

Sur le chemin du retour j’ai entendu des voix. De femmes, d’hommes. Des dizaines de voix à l’unisson. Une chorale en pleine rue ! Incroyable. C’était beau et improbable à la fois. Je suis resté quelques minutes à côté, l’air de rien, puis je suis parti. A la rue suivante (perpendiculaire) j’entendais le chœur encore comme si j’étais juste à côté. Charmant.

Je prenais des photos des aéroréfrigérants (on en voit partout dites donc)
puis je me suis rendu compte qu'on voyait le stade en arrière-plan !




Yeah ! direction le stade.

Devant le stade



Annecdote.
Samedi j'apprenais un ami à conduire. On était près du boulot, il fallait qu'on passe chercher un collègue et les rues près de l'entreprise étaient désertes. C'était des bonnes conditions pour s'améliorer au volant. Bon il y a eu pas mal de calages, des loupé dans les passages de vitesses, des oublis de frein à main, qq problèmes pour les manoeuvres.... on a un peu usé la voiture disons, mais c'était mieux que la fois précédente où on avait du arrêter tout de suite.

A la fin je lui demande quand est-ce qu'il doit passer son permis. Il me dit "ah mais le permis, ça va bientôt faire un an que je l'ai !

On est en Afrique !"


Et oui ! pas besoin de prendre des leçons ici on peut avoir son permis sans savoir rouler!

mardi 24 février 2009

Il y a deux semaines environ, on m'a dit qu'il y avait une piscine dans la résidence même. Ce que j'ignorais. Du coup j'y vais régulièrement. La nuit tombant à 18H30 précises je n'ai jamais eu l'occasion de la prendre en photo avant samedi dernier.

elle fait environ 10 m de long
Mais c'est un peu encaissé

Jamais personne ne s'y rend : je ne croise que le vigile de temps à autre qui fait sa prière au coucher du soleil pendant que moi je barbotte.

Elle est plutôt propre

Vue comme si on était dans l'eau. A droite on distingue une grosse fourmillière d'au moins 1.5m de haut....




... non je déconne c'est juste un tas de sable

mercredi 18 février 2009

Vendredi soir je ne sais pas pourquoi mais j’avais du mal à m’endormir. Je me demandais s’il n’y avait pas des petites bêtes qui courraient autour de mon lit. A un moment j’ai même eu l’impression qu’il y en avait une qui me grimpait audacieusement sur le bras. J’ai commencé à m’agiter dans tous les sens. Dans le doute j’ai allumé la lumière et finalement constaté que cette sensation n’était que le fruit de ma paranoïa. Mais le lendemain, au réveil, quand je me suis regardé dans la glace j’ai eu la chance de voir un petit scarabée (enfin un truc noir) collé sur ma joue….

Une chanson m’est immédiatement venue à l’esprit : « les petites bêtes » de François Perusse dont voici le lien.

http://www.dailymotion.com/tag/deux/video/x2960r_wow-les-petites-betes_music?from=rss

C’est le genre de chanson que j’écoute quand j’ai envie d’être sérieux.

Je suis un fan de "les 2 minutes du peuple" (de François Perusse)

Parlons un peu boulot. Hier notre chef nous a emmené visiter l’aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan. C’est en effet SEEE qui a fait l’étude et les travaux des lots CVC (enfin ici on dit clim parce que le chauffage n’a pas trop lieu d’être) et qui aujourd’hui continue d’entretenir les machines. Un aéroport, c’est pas un petit bungalow donc il y a de la puissance en jeu.

3 groupes froid (production d’eau glacée) de 750 kW chacuns, avec un réseau d’eau de ville passant par les condenseurs pour évacuer la chaleur du Fréon, et 3 grandes tours de refroidissement par l’air ambiant.

Il existe trois grandes boucles : un réseau primaire, un secondaire et (plus rare mais utile dans ce cas de gros projet), un réseau tertiaire. Le secondaire alimentant les CTA d’air neuf et le tertiaire les unités terminales tels que les cassettes plafonnières ou les ventilo-convecteurs. Bref c’était assez intéressant de voir ce genre de réalisation : il me reste encore à découvrir LE chantier du siècle : la basilique de Yamoussoukro. Capitale politique de la Côte d’Ivoire, Yamoussoukro est le village natal de Félix Houphouët Boigny, le père fondateur de la nation. Il a décidé d’y ériger une basilique à l’image de celle de celle de Saint Pierre à Rome ; mais d'une hauteur légèrement supérieure, ce qui en fait la basilique la plus grande du monde. SEEE a eu à sa charge les lots CLIMATISATION - PLOMBERIE - ASCENSEURS - et TRAITEMENT DES EAUX. Les charges d’un tel monument sont incommensurables : un volume gigantesque, une température extérieure dépassant les 35°C régulièrement, et le besoin de garder les portes ouvertes. (pour plus d’infos http://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_de_Yamoussoukro)

Les tours de refroidissement (aéroréfrigérants)


... alors à quoi ça sert de mettre un portail ?

Un groupe froid : en haut le compresseur, en bas à gauche en noir le condenseur, à droite au premier plan l'évaporateur.



Schéma de principe : 3 groupes froid à gauche, en haut les 3 tours, en bleu ciel circuit de refroidissement, en bleu foncé circuit eau glacée, deux ballons de stockage puis on va alimenter les CTA (centrales de traitement de l'air) qui vont souffler de l'air frais sur les voyageurs


photos prises sur le retour, pardonnez la mauvaise qualité
Un taxi en gros plan, ici ils sont tous rouges et sont tous (ou presque) des toyota corolla.


Ca c’était pour la découverte d’un gros chantier de SEEE, sinon pour le moment il y a peu de projet dans le pays, la plupart des gros chantiers sont à l’étranger : en guinée Bissau, au Togo, au Sénégal. Pour ma part je fais du dessin. Je suis dessinateur projeteur : ça a l’air d’être une tradition ici : on fait passer quelques temps au BE les nouveaux ingénieurs arrivant, histoire qu’ils sachent bien dessiner. Je me spécialise dans la technique du VRV (débit de réfrigérant variable de nos potes de chez DAIKIN) qui n’aura bientôt plus de secrets pour moi.

Mais là ma prochaine mission est tout autre. Chacun connaît mes connaissances poussées en informatique. Et bien on m’a chargé de mettre en place un réseau d’entreprise au sein de SEEE (Rémi si tu lis ces lignes !) Architecture réseau, serveur, sauvegarde, partage, droits d’accès, nom de domaine feront désormais partie de mon vocabulaire quotidien.

Pour finir : une touche d’exotisme : hier après manger, j’ai croisé une vendeuse ambulante qui se baladait avec un plateau garni de noix de coco sur la tête (normal on est en Afrique tout se porte sur la tête) : 100F la noix, allez j’en prends 2 (que je mets en photo d’ailleurs). C’est vraiment très bon et c tellement mieux que de boire d’une bouteille d’eau. En plus quand on a fini de boire, on peut manger la chair de coco qui n’est pas mauvaise également. Ca me rappelle beaucoup le Vietnam (hein Dung !) Il y a vraiment beaucoup de choses qui manquent en France.

à gauche : une noix de coco donnant beaucoup de jus (d'eau) mais peu sucrée (vue en coupe), à droite une noix dure : donnant peu d'eau mais bien sucrée, on la reconnaît à sa couleur marron avant d'arriver à la chair.


Bon pour terminer il semblerait que ce ne soit pas facile de laisser un commentaire, je n’en connais pas les raisons, c’est sûrement la plateforme google qui est défaillante. Donc si vous voulez laisser un mot : envoyez moi un mail, ça me fera toujours plaisir, et ce n’est jamais inutile.

mardi 10 février 2009

En haut à droite (à côté du produit vaisselle) un avocat. (les avocats sont gros mais les 3/4 du volume sont occupés par le noyau), en dessous une orange (qui est verte finalement) , à gauche, en dessous du produit vaisselle un citron et en dessous encore une papaye avec ses graines.


Description d'une journée type : Je me lève à 6H30 (oui on se lève tôt et on se couche tôt ici) direction salle de bain. Pas besoin de se laver à l'eau chaude il fait déjà assez chaud comme ça. En plus l'eau chaude est extrêmement brûlante et il est difficile de bien doser pour avoir une température convenable. Si je me rase, il faut que j'utilise une bassine, car le clapet du lavabo ne ferme pas vraiment. Petit détail qui a son importance : le miroir de la salle de bain est accroché au mur de telle sorte que je ne vois que mes épaules quand je me tiens debout... donc si je veux voir mon visage il faut que je plie légèrement les jambes (pratique quand on se rase).
Ensuite : petit-déjeuner (Deux oranges pressées pour faire du jus : délicieux) et selon le choix des bananes ou des papayes (arrosées de jus de citron c pas dégueu non plus)
Puis plus classique du pain et du nutella (enfin du tartina) trempé dans du lait.
Ensuite direction SEEE et là l'aventure commence vraiment.
Je quitte l'atmosphère calme, fraîche et confortable de l'appartement pour me retrouver dans la jungle urbaine que représente le Plateau de jour. Déjà dans le couloir de l'immeuble je sens la chaleur et l'humidité m'agresser. Dans l'ascenseur on a parfois des surprises : boutons qui ne marchent pas, certains niveaux qui ne peuvent être desservis, des touches qui s'allument toutes seules ! C'est assez folklorique. Quand on l'attend il est nécessaire aussi d'appuyer sur le bouton d'appel à chaque arrêt que marque la machine. (à noter qu'en france on fait ça aussi même si on sait que ça ne sert à rien, mais c pour marquer son impatience)
Si j'arrive enfin à ma voiture c'est le bonheur. Les gouttes perlent sur mon front et je ne suis qu'au début de mon périple. Je sors les clefs de la voiture. Les clefs oui. Une pour ouvrir (la porte du chauffeur uniquement), une autre pour démarrer, la dernière enfin pour ouvrir le réservoir.
Titine (appelons-la ainsi) est une 106 bleue. Elle fait partie de la catégorie des "France-au-revoir" jolie appellation pour qualifier des véhicules qui ont définitivement quitté l'ancien continent sur un coup de tête du proprio ou un coup de boule d'un camion, ou à la suite d'un vol... bref elles ont en général bcp de kilomètres au compteur et sont plutôt à bout de souffle. Titine, elle a bientôt bouclé son 5ème tour du monde puisqu'elle a 191000km. Il y a une touche (A/C) signifiant dans un langage anglo-saxon "climatisation" mais qui ne fonctionne pas pour une raison mystérieuse. (en ouvrant le capot on voit deux bouts de tuyau calorifugés coupés...) Tout comme la ventilation finalement. Question musique il y a un trou béant à l'endroit où devrait se situer un autoradio. L'aiguille de la jauge d'essence oscille sans émotion entre 1/4 et 0 , faisant clignoter régulièrement le voyant. Pour compléter le tableau, il n'y a plus d'enjoliveurs, la plage arrière du coffre ne s'ouvre plus, le siège conducteur est déchiré et le tableau de bord est complêtement erraflé comme si un tigre ou un lion y avait séjourné pendant une semaine. Donc désormais je roule dans une épave. Ca change de la 406 que j'utilisais juste avant (où là je bénéficiais de la clim ou au moins du recyclage de l'air) PArce que l'air c'est quelque chose.
Une fois extrait du parking souterrain, je me retrouve dans la rue et il faut s'immiscer dans la circulation, entre les bus, les voitures, les piétons qui traversent n'importe quand, les taxis qui s'arrêtent n'importe où (et sans prévenir il va de soi) Il ne faut pas avoir peur de s'insérer dans la circulation.
Puis quand je vois les grand panaches de fumées noires jaillissant des pots d'échappement des bus et de presque TOUS les taxis, je me mets à regretter sévèrement la 406. Le problème c'est que je roule toutes vitres ouvertes pour ventiler un peu et ne pas mourir asphyxié dans ma charrette. Mais du coup je bénéficie des fumées de pot d'échappement. Donc entre les odeurs de la rue, de caniveaux, de déchets et d'immondices vient s'ajouter celle de la pollution due aux véhicules à moteurs. (je me rappelle d'une publicité ou une femme mangeait un nuage blanc, ben moi c le contraire je bouffe des nuages noirs, ou bleus) Maintenant il me reste plus qu'a avaler les 10 km qui séparent ma résidence de mon lieu de travail. Passer sur les ponts (il n'y en a que 2 bien évidemment bondés), interpréter les feux tricolores (qui bien souvent sont bi voire monocolors, et qui des fois affichent vert et rouge en même temps), éviter les nids de poule et autres défauts de la chaussée, slalomer entre les vendeurs ambulants et les gens qui croient bon de se promener sur la route.
Et moi avec ma mentalité d'européen je ne dois pas être facile à apréhender non plus (quelle idée de doubler uniquement par la gauche, ou d'atendre au feu rouge)
Il se crée une nouvelle sorte de langage dans ce brouhaha général : la langue commune à tout chauffeur (ard) qui se respecte : le klaxon. J'avais déjà pu en comprendre les balbutiements au vietnam avec les motos, scooters et mobylettes en tout genre. Ici on est en véhicule à 4 roues (pratiquement pas de 2 roues) et le klaxonne se parle pour signifier aussi bien ("attention je suis là" que "hep le feu vient de passer au vert tu as le droit d'appuyer sur l'accélérateur" mais des fois c plus alarmant "si on ne change pas de trajectoire on va se rentrer dedans", sinon ça veut dire aussi pour les piétons "je suis taxi, vous n'avez pas besoin que je vous dépose quelque part ?") Mais d'un point de vue général plus le son de l'avertisseur se fait insistant plus les véhicules se rapprochent jusqu'au son continu qui doit vouloir dire "oh putain" )))
Tout cela me prend environ 25min.
La météo peut parfois pimenter l'expédition s'il vient à pleuvoir, il faut alors rajouter 20 minutes au trajet.
Une fois au boulot je retrouve une atmosphère vivable (il y a la climatisation, deux grosses boites rectangulaires : une proclim et une LG) mais bruyante (engins commençant à se faire vieux).
ouf.


L'intérieur de la 106

Titine vue de face

Vue de profil
La 406
Le strict nécessaire.

Yeah c'est parti

On the road again

tûut t^^uuuût !

Beaucoup de camions de transport, normal on est dans la zone industrielle

lundi 9 février 2009

Il fallait qu'Antoine me parle de beau temps et soleil dans ses commentaires pour qu'il se mette à pleuvoir. En fait c'est hier que j'ai vu tomber les premières gouttes de pluie depuis mon arrivée à Abidjan. C'est drôle comme sensation de passer d'un jour totalement ensoleillé et dégagé à un jour comme aujourd'hui. Dès le réveil c'était étrange : d'habitude il fait jour vers 6H30 (oui je me lève relativement tôt et ce matin c'était étrangement sombre, je me serai cru en Islande un matin d'hiver (la température mise à part bien évidemment) Puis les éclairs se sont mis à lézarder le ciel, le tonnerre a grondé comme il se devait et la pluie a fait son apparition. Je suis parti vers 7H15 pour aller au boulot... d'habitude ça prend environ 20 min mais là ça m'a pris 3/4 d'heure. En effet ça a fait un embouteillage monstre cette averse. Les canivau se sont bien vite remplis, puis se sont mis à déborder, les égouts devaient être saturés (on m'a dit aussi que les gens avaient tendance à balayer les ordures dans les bouches d'égout...) Du coup les énormes flaques d'eau restreignaient la voie de circulation. Ca m'a fait penser aux jours où il tombe de la neige en France dans les régions qui ne sont pas habituées à ce phénomène (comme à marseille/montpellier le mois dernier) sauf qu'ici je pense qu'ils devraient connaître la pluie!
Et avec tout ça moi dans ma 106 sans ventilation je tranpirai comme un boeuf sachant que je ne pouvais pas ouvrir les fenêtres sous peine d'être sévèrement arrosé.


Sinon ce week end j'ai eu la chance de connaître un nouveau quartier d'Abidjan : Yopougon. Samedi on y est allé avec mon collègue Salomon et un ami à lui (qui s'appelle Charles, donc un bon compagnon de soirée) puis on a bu un coup... puis on a mangé un poulet bien épicé (ffffffffffffffffaaaaaaaaaaaaaaaaaaa) accompagné d'une piquette horrible. La soirée s'est terminée dans les maquis et boîtes du quartier. Ce fut mémorable. cf les photos suivantes.

On est tombé sur un match de foot surement universitaire, le niveau de jeu était plus que moyen

Charles qui pose devant notre bouteille de breuvage qui s'appelle vin mais qui n'a de vin que le nom. (imaginez plutôt une grosse bouteille de 98cl en verre grossier, fermé avec une capsule et un gout tellement douteux qu'on doit la couper avec de la limonade. Plus tard pendant le repas bien pimenté, lorsque j'aurais l'impression d'avoir de la lave en fusion dans la bouche Charles me dira "qu'il faut boire du vin" pour appaiser .... Cette scène me donne une impression de déjà vu.

Salomon et moi pendant le repas (oui il fait très chaud)

Pour finir : une sélection de produits d'ici.

Des cacahuètes sucrées en sachet, des cacahuètes salées en bouteille (ne me demandez pas pourquoi ce genre de conditionnement) le remplaçant du nutella (le Tartina) qui se vend en seau , derrière une plaque de chocolat et à droite le remplaçant du nesquick. Tous les produits chocolatés sont de la marque locale Chocodi et sont moins chers que leurs homologues importés (évidemment) parce qu'un pot de nute coûte 5000Fcfa soit 50Ffr soit 8€ !!
Mon appareil photo semble donner quelques signes de fatigue puisqu'il se décharge en une photo, j'espère quand même vous montrer d'autres vues de ce pays.

vendredi 6 février 2009

Bonjour à tous, il fait bien chaud en Côte d’Ivoire… là je reviens de la pause déjeuner. Je suis parti manger avec Salomon Atta fils du christ (autoproclamé) dans un petit établissement encore moins conventionnel qu’un maquis.
Juste à côté de SEEE en effet il y a 2 maquis ou l’on mange plutôt bien, mais si on s’aventure un peu plus loin, on peut avoir la même qualité de nourriture dans d’autres petites cabanes en bois pour un peu moins cher (moitié prix). Et j’ai même remarqué que si on s’enfonçait dans cet enchevêtrement de cabanes et stands on se retrouve dans une sorte de cantine où les prix sont encore moins chers mais là, la qualité de la nourriture se fait ressentir (m’a-t-on dit).
Donc ce midi étaient au menu : du riz (sûrement du « Oncle Sam », puisqu’il était de bonne qualité) et du poisson (je ne sais pas son nom, faut pas pousser) en sauce. Nom de la sauce : sauce aux graines. Je m’imaginais de la sauce blanche comme pour les kébabs mais en fait elle est toute rouge. D’ailleurs ici bcp d’aliments sont rouges en raison de l’huile de palme et/ou du piment. Ce midi la sauce n’était « pas piquante » mais mon côté novice en matière de pimentation m’a prouvé le contraire. Bref on a beau manger à l’ombre, le soleil est de plomb, il fait chaud et la sauce « légèrement pimentée » (rebaptisons-là ainsi) commence à faire son petit effet. S’en suit une petite balade à travers ce qui ressemble à cette fameuse cantine (au style marché ambulant) où tous les travailleurs de la zone environnante viennent se restaurer. C’est un peu sombre mais c typique. On est loin du restaurant d’entreprise de Heidelberg !.
Puis je fais quelques emplettes : des bananes pour le dessert et pour avoir des fruits chez moi, et du pain que je testerai dès ce soir.

Tout à l’heure il y a eu une belle coupure de courant juste avant la pause de midi. Ici ça semble ne déranger personne : mais je doute qu’il y ait eu une sauvegarde quelconque du travail de chacun sur son PC.

Vendredi 13H45.
Ah là je reviens de la pause de midi, on est allé manger dans une cabane non loin de SEEE mais pas dans nos quartiers habituels. J’ai enfin pu prendre quelques photos mais je n’ose pas trop photographier les gens de face, d’ailleurs on m’a déconseillé de la faire.
J’avoue, sur les photos, ça peut sembler glauque mais c bien plus convivial que ça en a l’air. Je me rends compte d’ailleurs qu’il doit y avoir bcp de travailleurs dans le coin vu le nombre de ces petits restaurants ambulants.
Au fait les restos un peu améliorés ne sont pas des maquis comme je l’avais pensé mais juste des points de restauration…. Les maquis c’est autre chose, un lieu où il y a du bruit, de la musique et de l’action. Je découvrirai sûrement ça ce week-end.
Hier soir j’ai eu la chance aussi de connaître une coupure de courant généralisée dans Abidjan : toute la ville plongée dans le noir… c’était étrange.
Le resto où j'ai souvent mangé à midi

Une femelle margouillard

Un mâle


Les portiques mécaniques (ponts roulants?) du port d'Abidjan

C'est souvent comme ça aussi Abidjan, des tas de détritus. Et des fois on les fait brûler histoire de purifier un peu l'air...
Là où j'ai mangé ce midi (photo prise de loin pour ne pas déranger)

idem

à l'intérieur...
attention où vous mettez les pieds... ne tombez pas dans le trou...

Pour finir le coin cuisine de l'appart'

Et la salle de bain